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Alerte grave sur le « pacte asile et migration » et la« directive retour » que viennent d’adopter les Parlementaires Européens.

Cercle du silence de l'ARDDIB
Cercle du silence de l'ARDDIB

Ces textes s’inscrivent dans une logique de durcissement généralisé des politiques d’éloignement des personnes sans titre de séjour :

-        Allongement des durées de rétention ;

-        Création de plateformes de renvoi dans des pays tiers ;

-        Possibilité de procéder à l’éloignement avant la décision d’un juge ;

-        Exécution par un État membre d’une mesure d’éloignement prise dans un autre pays européen.

L’application de ces dispositions va entraîner des conséquences humaines majeures. Des familles entières risquent d’être expulsées vers des pays où elles n’ont aucune attache, sans accompagnement adapté.

Parmi les mesures les plus préoccupantes, une disposition permet aux forces de l’ordre d’intervenir dans des lieux privés afin d’y contrôler et interpeller des personnes en situation administrative irrégulière. Cette mesure concerne non seulement les domiciles et les lieux de travail, mais également les centres d’hébergement, les hôtels sociaux, les accueils de jour, les restaurants solidaires et tout autre lieu où trouvent refuge des personnes sans abri.

Les personnes en situation irrégulière ne se sentiront plus en sécurité dans leur lieu d’hébergement et certaines vont même choisir de le quitter, se retrouvant à la rue.

Les associations d’accueil et d’accompagnement des personnes sans domicile alertent sur le risque de transformation des structures d’hébergement en outils de contrôle migratoire et d’expulsion. Elles tiennent par ailleurs à rappeler leur opposition à toute logique de recensement, de tri ou de surveillance des personnes hébergées selon leur statut administratif et rappellent que l’accueil et la protection des personnes en détresse constituent un principe fondamental du droit français.

 

Je finirai par citer Norman Ajari, philosophe franco-américain, universitaire et auteur, spécialisé dans les études décoloniales qui a publié cette année un livre intitulé «Technofascisme : Le nouveau rêve de la suprématie blanche ».


« La violence d’État n’a jamais été exceptionnelle pour celles et ceux qui vivent aux frontières de l’Europe ou des États-Unis, ou pour les « exclus de l’intérieur ,-/- il n’y a pas de différence essentielle entre l’appareil répressif d’un État démocratique et celui d’un État fasciste. Ils ne diffèrent que dans la manière dont le pouvoir s’en saisit et en fait usage. La fascisation de la société devient apparente lorsque ce qui n’était que le traitement d’exception réservé à certaines minorités devient norme générale.


Il est donc impératif de lutter contre le traitement déportatif et concentrationnaire des sans-papiers, car, au-delà de toute personne qui est convaincue que personne ne devrait vivre dans de telles conditions de vie, c’est dans l’Europe qui se fascise, un système qui se déploie a plus grande échelle : avec l’augmentation du nombre de prisons, la mise en place de couvre-feux exceptionnels dans les quartiers populaires et les colonies françaises, le fichage systématique par les systèmes de surveillance massifié, il est impératif de s’opposer à de telles politiques qui nous impactent déjà ! »

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