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Compétences... Incompétences?


Françoise Giroud. Par JJ Georges — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=127364603
Françoise Giroud. Par JJ Georges — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=127364603

France 3 Nouvelle Aquitaine nous à gratifié le 23/6 d'un reportage (devrais-je dire "panégyrique"?) sur notre édile préférée...


Pour les chanceux·ses qui y auraient échappé, le lien suivant vous y conduira:

 

Hormis le fait qu'il s'agit bien là d'un panégyrique à la gloire de "la seule femme en Poitou-Charentes à occuper actuellement cette double fonction (celle de maire et de présidente d'agglo), la lecture de cet article m'a irrésistiblement fait penser à ce qu'avait dit Françoise Giroux, dans une interview au journal Le Monde daté du 11 mars 1983, non sans intention provocatrice :  "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente."

 

Alors, je sais que l'on pourra taxer cette pensée, concernant Madame Ménard, d’antiféminisme ou de féminisme inversé,  voire de purement réactionnaire... Cependant, je ne saurai trop vous renvoyer à la lecture d'un article de blog daté du 14 mars 2013 (1) et qui est dut à Marie Donzel qui se qualifie elle-même de "chèfe d'entreprise et auteure" et qui traduit assez bien ce que fait naitre chez moi la lecture de l'article de France 3 Nouvelle Aquitaine.

 

Marie Donzel conclue son billet ainsi :

«Oui, placer quelqu'un à une fonction élevée, c'est toujours prendre un risque, celui que cette personne ne soit pas à la hauteur, qu'elle ne soit pas à sa place, qu'elle ne réussisse pas la mission.

 

Ce risque est le même que l'on mise sur le potentiel d'un homme ou d'une femme au moment de sa nomination. L'échec n'est pas plus signifiant si c'est celui d'un homme ou celui d'une femme. L'échec d'une femme dans une situation donnée ne met pas en cause sa capacité à réussir dans d'autres situations. L'échec d'une femme en particulier ne met pas en cause la capacité des autres femmes à réussir. C'est cela que disait il y a 30 ans Françoise Giroud et qu'il faut encore faire l'effort d'entendre et de comprendre aujourd'hui.

 

L'égalité d'accès des femmes et des hommes aux responsabilités et aux instances de décision est une question de principe. La conditionner à des exigences de compétence supérieures pour un genre est fondamentalement injuste. C'est aussi profondément stupide et arriéré, car c'est décourager des personnes de talent et se priver d'énergies dont on a un besoin crucial pour renouer avec la performance(2) et le progrès. »

 

Donc, entendons-nous bien, ce qui m’indispose dans l’article de France 3 Nouvelle Aquitaine, en plus du panégyrique, c’est de l’axer sur le fait que Madame Ménard soit une femme. Qui plus est à responsabilités… Rendez-vous compte, bonnes gens !

Ironiquement, cet article est écrit par une journaliste… Preuve en est que l’on peut écrire contre son camp !

 

 

(2)    Peut-on vraiment souscrire au terme « performance » ? Cela mérite aujourd’hui d’en discuter, même si cela est un autre sujet. (Voir pour cela les travaux d’Olivier Hamant sur la Robustesse qu’il oppose à la Performance.)

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